Grenade la résistante

Publié par en Avr 16, 2012 dans Andalousie, Europe | Aucun commentaires

Nous voilà partis pour notre dernière étape dans le triangle d’or de l’Andalousie. Nous avalons les 200 km qui nous séparent de l’Alhambra, cette ancienne citadelle nasride, autre symbole de la civilisation hispano-arabe. L’Alhambra symbolise la ténacité d’une dynastie arabe qui résista durant deux siècles au siège des royaumes chrétiens, avant de capituler et de signer la fin de l’hégémonie arabe en Espagne.

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La propriétaire de l’appartement que nous avons loué dans le quartier de l’Albaicin nous attend dans une petite rue pour nous indiquer où garer la voiture et nous montrer le chemin de sa maison. Nous nous retrouvons à marcher avec nos valises dans un labyrinthe de ruelles sinueuses, qui montent et qui descendent, bordées de maisons blanches et de placettes dissimulées. Les rues sont si étroites qu’on se demande comment les voitures arrivent à se faufiler jusque là. Au détours d’une petite rue plongeante, nous entrons dans une jolie bâtisse perchée du 15ème siècle. Une vraie “ Carmen granadine” avec son beau jardin fleuri et arboré de cyprès, des orangers, des vignes, du jasmin, des roses, des légumes, et un dattier. Et surtout un panorama jubilatoire sur l’Alhambra.

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L’endroit est vraiment pétri de charme et surtout idéalement placé pour profiter pleinement de Grenade et de son joyau. Naturellement, notre première promenade est consacrée à ce pittoresque quartier de l’Albaicin, le plus vieux de Grenade, nasride à l’origine et donc fortement marqué par des réminiscences mauresques. Ça grimpe mais ça en vaut la peine car les nombreux belvédères nous gratifient de vues sublimes sur la belle acropole, avec en arrière plan les cimes enneigées de la Sierra Nevada.

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Notre flânerie nous mènera par hasard sur la colline de Sacromonte, toute proche, et son quartier des gitans. Les rues sont désertes et les maisons troglodytiques du coin paraissent abandonnées. Le temps s’est arrêté ici, et la belle luminosité de fin de journée confère à ce lieu insolite une ambiance assez mystique, loin de l’agitation de la ville.

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L’Alhambra est le Palais des Mille et une nuits. Le seul palais arabe construit au Moyen-Âge qui soit encore intact. Par précaution, nous avions réservé nos billets plus de deux mois à l’avance, car le nombre d’entrées par jour est limitée. Qu’on se le dise, l’acropole médiévale la plus prestigieuse du monde méditerranéen se mérite.

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Nous commençons la balade dans l’Alcazaba, la citadelle qui domine la ville. Déjà, les vues sur les autres collines de l’Albaicin et de Sacromonte sont magiques. On aperçoit également en contrebas le centre historique de Grenade et sa belle cathédrale qui parait si petite de notre promontoire.

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Dissimulés dans de somptueux jardins, les palais nasrides sont les joyaux cachés de l’Alhambra, un peu comme un secret jalousement gardé. Je suis fasciné par les remarquables arabesques et l’équilibre parfait des formes et des proportions.

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La cour des Myrtes dévoile son harmonieux équilibre entre l’eau et la lumière. Je prends conscience ici que les Arabes maîtrisaient parfaitement le jeu des volumes et de l’espace. Dans le salon des Ambassadeurs , nous admirons à nouveaux les arcades finement ciselées et toutes les splendeurs de l’art nasride.

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Nous terminons en douceur la visite du Palais sur les terrasses en jardins du Partal et de son vaste bassin, où nous pouvons apprécier à nouveau le rôle primordial de l’eau dans le langage paysager musulman. J’apprendrai plus tard, sans surprise,  que les jardins et l’eau sont étroitement liés à la figure coranique du paradis.

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Enfin, rien de plus agréable que le chemin ombragé par une végétation exubérante, qui conduit au Généralife, le palais d’été et de récréation des monarques d’antan, et à son magnifique patio du Cyprès de la Sultane. Du pur bonheur juste avant le coucher du soleil, où les murs de la citadelle se parent d’un manteau rougeoyant qui irise la blancheur maculée de la sierra Nevada. Je comprends à ce moment-là l’origine du nom de l’édifice prestigieux, qui provient de l’arabe Al Hamra, « la rouge » !

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