Banaue et les rizières qui montent au ciel

Publié par en Mai 22, 2015 dans Asie, Philippines | Aucun commentaires

Fraîchement débarqué à l’aéroport de Manille vers 16h30, je prends le premier taxi pour me rendre au terminal de bus Ohayami dans le quartier de Sampaloc, que j’atteins 40 minutes plus tard. Mon bus de nuit part à 22h à destination de Banaue et ses rizières en altitude, un des trésors que je suis venu chercher aux Philippines. Le bus archi bondé ( 60 personnes dont 1/4 de touristes), nous quittons la capitale à l’heure pour une longue route sinueuse et fatigante, investie par des colonnes incessantes de poids-lourds. Peu après San José, nous prenons de l’altitude dans un paysage montagneux de jungle luxuriante. A 6h du matin, et après 8h de trajet ponctuées de deux arrêts snacking (dans des stations-services, qui restent ouvertes toute la nuit), nous arrivons enfin à Banaue, une petite bourgade montagneuse de 20 000 âmes, nichée dans un théâtre de verdure luxuriante à 1500m d’altitude.

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Je suis impatient de découvrir la 8e merveille du monde, estampillée Unesco, mais je vais d’abord essayer de trouver une chambre au Sanafe Lodge en attrapant le premier tricycle qui se présente à moi. Je négocie une chambre single avec clim et eau chaude pour 600 php ( 12€ ) et je me précipite sur la grande terrasse boire une bière et apprécier ma première très belle vue des rizières en terrasse: c’est déjà magnifique!

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Suzan, la patronne de l’hôtel est adorable et me trouve rapidement un tricycle et son conducteur Arnold avec qui je vais passer la journée entre Banaue et Hapao. Nous empruntons une très belle route de montagne qui serpente au milieu d’une forêt tropicale et des champs de rizières en terrasses d’un vert éblouissant à cette période de l’année ( la récolte est prévue en juin-juillet ).

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A l’indication de la petite école primaire de Hapao, Arnold stationne son tricycle et me voilà parti à travers les rizières de la région de Hung Duan, pour ma première randonnée de 3h qui va me conduire à une source d’eau chaude naturelle.  Je traverse une rain forest rafraîchissante ( il fait quand même 30° de bon matin ! ), et je m’engage tel un funambule sur les murets de pierres, pas très larges, qui soutiennent les terrasses de riz et qui les délimitent.

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J’aperçois les ingénieux canaux d’irrigation, techniques séculaires des Ifuagos, qui captent l’eau de la rivière pour alimenter les paddies. Je crapahute à flanc de montagne et je suis saisi en permanence par la beauté grandiose de ces parcelles toutes vertes comme des terrains de golf. La balade est très agréable et j’atteins assez facilement les Hot Springs où je me délasserai un long moment, en faisant connaissance avec la population locale.

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De retour à Banaue Town, nous empruntons la route panoramique qui remonte vers Bontoc, pour admirer les différents points de vue. Il y en a au moins 5 ou 6 les uns plus beaux que les autres. Ici, les rizières déploient leurs marches vertigineuses de géants vers le ciel et m’offrent un spectacle somptueux. A Main View Point, je fais connaissance avec un vieil indien Ifugao en tenue traditionnelle qui me sollicite pour une photo… contre quelques pesos. Je joue le jeu en pensant à ses ancêtres qui furent jadis des coupeurs de têtes sanguinaires…J’ai même l’impression d’avoir été téléporté au Guatemala où j’ai rencontré il y a quelques année déjà des indiens Mayas qui ressemblaient étrangement, trait pour trait, à leurs cousins philippins. Et d’ailleurs, les femmes Ifugaos confectionnent des couvertures et des étoffes très colorées identiques à celle que l’on peut trouver en Amérique Centrale. Comme quoi, la migration des peuples ne date pas d’aujourd’hui !

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Banaue13 Le peuple Ifugao façonne ces rizières depuis plus de 2000 ans, mais il y a de moins en moins de fermiers disposés à perpétuer la tradition. Les jeunes ont tendance à s’exiler dans les grandes villes, attirés par les sirènes de la consommation et d’une vie meilleure. Le gouvernement philippin aurait pris des mesures pour les inciter à rester chez eux et préserver la culture du riz pour la transmettre de génération en génération. Je veux croire que ces jeunes trouvent leur bonheur dans ces rizières sacrées afin qu’elles ne disparaissent pas, faute de fermiers.

Encore plus beau !

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